03/03/2014

Frédéric Daerden sur les traces de "Papa"...

FD papa.jpgComme son père en 2010, Frédéric Daerden poussera donc la liste PS à la Chambre lors du scrutin du 25 mai prochain. Avec le même succès électoral ? Pour le PS, il vaudrait mieux.

Le « couperet » est tombé jeudi soir. Enfin, les pointures socialistes liégeois ont accordé leurs violons en vue de constituer « les listes les plus fortes », tant à la Chambre qu’à la Région. Mais c’est surtout vers la liste fédérale que regardaient les observateurs de la vie politique. Car le message du boulevard de l’Empereur était clair : maximiser le nombre de sièges. Il y en a 7 actuellement, la mission est d’en conserver six. Pas facile avec la montée en puissance du PTB.

Du coup, le PS liégeois a placé la quasi-totalité de ses gros faiseurs de voix sur cette liste. Willy Demeyer s’est imposé de lui-même pour la mener. Après, arrive Julie Fernandez Fernandez, ancienne secrétaire d’Etat et actuelle députée-échevine de Liège. L’un des plus gros potentiels de voix chez les femmes socialistes liégeoises. D’un point de vue strictement électoral, la voir là est logique. Mais certains ont tout de même souligné que les places 1 et 2 étaient occupées par des Liégeo-Liégeois. Bonjour l’équilibre entre les entités de la province.

Derrière suit Alain Mathot. Le Sérésien a changé son fusil d’épaule. Il devait en effet, comme Demeyer le stipulait dans son communiqué lorsqu’il a postulé comme tête de liste, pousser cette même liste. Visiblement, sa perte de vitesse lors du scrutin communal mêlée au risque de perdre un à deux sièges et à ses démêlés judicaires dans le dossier Intradel le font douter… Pas question dès lors de prendre le risque de ne pas réussir à « faire son siège tout seul », comme on dit. Dès lors, Mathot a exigé la troisième place. Et il l’a eue. Le Sérésien pourra donc compter sur les voix du pot commun, si besoin est.

C’est donc l’eurodéputé-bourgmestre de Herstal, Frédéric Daerden, qui sera chargé de pousser la liste socialiste. La place, dernière effective donc, est stratégique et généralement occupée par une pointure. C’est le cas ici. Le souhait de l’arrondissement de Huy-Waremme et de la FGTB de le voir 3ème n’aura donc pas été entendu. Frédéric Daerden va devoir faire son siège seul. Soyons honnêtes, ce sera facile pour lui. Chacun s’accorde à dire qu’il est clairement – et de loin – le plus gros faiseur de voix en région liégeoise. Tous partis confondus, d’ailleurs.

Si sa préférence première allait à l’Europe, le Herstalien s’est résolu à suivre les instructions du boulevard et a accepté d’être sur la liste à la Chambre. Veillant ainsi à s’attirer les faveurs du « national » et à ne froisser personne sur le plan local. Chose importante quand on connaît les subtils équilibres de la puissante Fédé.

Comme son père en 2010, Frédéric Daerden sera chargé de faire gagner au PS un maximum de voix. Et donc, de sièges. Michel Daerden, au sommet de sa popularité, avait survolé l’élection en 2010. Résultat ? 72.000 voix de préférence. 72.000… On se rappelle, à l’issue de la « proclamation des résultats », cette petite phrase : « Alain a joué, Alain a perdu ». On se souvient aussi des événements qui ont suivi.

Suite à ses cartons lors des derniers scrutins auxquels il a participé – que ce soit en 2009 à l’Europe ou lors des communales de 2012 à Herstal – Frédéric Daerden avait réalisé d’excellents résultats d’un point de vue personnel. De bon augure pour celui qui – électoralement parlant – marche sur les traces de « Papa ».

Gaspard Grosjean, journaliste

Photo: Belga

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