28/02/2014

Motion du PTB contre l’exclusion du chômage à Herstal

 

ptb.gifDe Charleroi à Anvers en passant par Herstal, le PTB a décidé à travers ses élus communaux, d’interpeller et déposer une motion contre l’exclusion des chômeurs dans chaque conseil communal où le parti de gauche est représenté. A Herstal, le conseil communal avait lieu le 28 février et la motion du PTB a donc été présentée. Mais surprise ou pas, la majorité PS-EPH a refusé de voter la motion du PTB…

C’est Nadia Moscufo, conseillère communale pour le PTB qui a pris la parole la première pour défendre la motion qui avait été introduite par le PTB. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur les constats et revendications des organisations syndicales concernant la mesure d’exclusion: « Pour rappel, la réforme des allocations d’insertion va entraîner l’exclusion de près de 50 000 personnes de l’assurance chômage à partir du 1er janvier 2015. Les mesures pris par le gouvernement Di Rupo et qui prennent cours le 1 janvier 2015, vont avoir des conséquences dramatiques pour les travailleurs concernés. 50 000 personnes risquent de se trouver dans la pauvreté et la précarité. Déjà actuellement 1 personne sur 5, 1 enfant sur 4, 1 pensionné sur 3 se trouve en dessous du seuil de pauvreté. Pour Herstal, 447 personnes sont concernés. Les mesures vont avoir un impact sur le budget communal.  M. Emonts, président des CPAS de Wallonie parle d’une charge supplémentaire pour les CPAS de 53 millions euros, dont seulement 18 millions d’euros seront compensés par le fédéral. »

Le PTB a donc présenté une motion qui demande le retrait de cette loi et qui exprime son soutien aux actions syndicales et citoyennes du 28 février et 10 mars contre la réforme Di Rupo.

Mais coup de théâtre, la majorité PS-EPH propose alors une contre-motion qui tente de justifier la mesure Di Rupo : « considérant que le Gouvernement fédéral a prévu dans son accord de gouvernement formé après 541 jours de crise menaçant l’existence du pays et notre modèle social tout entier, de limiter à 3 ans les allocations d’insertion à partir du 1er janvier 2012 ». Alors que la mesure a été prise dans le cadre de l’austérité budgétaire dans le cadre européen…

Non seulement elle essaie de justifier le gouvernement Di Rupo, mais elle refuse de mettre le gouvernement actuel (qui a pris les mesures) devant ses responsabilités et refuse de soutenir les organisations syndicales qui demandent un retrait des mesures. Au contraire, la contre-motion «demande aux partenaires du prochain gouvernement fédéral de revenir sur cette réforme des allocations d’insertion …» C’est donc une promesse électorale qui a été proposée par la majorité, et non pas un appel à une prise de responsabilité et une réelle remise en question de cette mesure antisociale des partis qui l’ont mis en place.

Après lecture de la motion du PS, un débat s’en est suivi et sans surprise, le MR a trouvé que la motion du PTB n’était pas assez « nuancée ». De son côté, le PTB n’attendait pas de soutien de la part du MR pour sa motion…

Le summum du débat fut atteint quand la question fut posée au Président du CPAS de connaitre les arguments autres qu’un chiffre budgétaire avancé par le PTB que le président contestait. Ce dernier prétexta « la forme trop agressive de la motion du PTB »… La mesure d’exclusion qui va pousser 50.000 personnes dans la pauvreté n’est-elle peut-être pas assez agressive pour lui ?

Au final, la motion du PTB a été déclarée nulle et non avenue, car la motion de la majorité PS-EPH a été soutenue par Ecolo et… le MR. La majorité a donc refusé de se prononcer clairement pour le retrait de cette loi injuste et continue d’agiter la carotte d’un possible retrait de la loi le…26 mai 2014.